🏃‍♂️ Running

Respiration nasale en course: 6 semaines de test, je raconte (et j’hésite à continuer)

A
Amélie83

Hello la team running. Petit témoignage un peu chelou mais j’assume. Depuis 6 semaines je cours quasi exclusivement en respiration nasale (inspi/expir par le nez uniquement). J’avais lu des trucs dessus (meilleur contrôle du souffle, moins d’essoufflement, CO2 tolerance blabla) et comme je suis sujette aux maux de gorge après les sorties vent froid sur le littoral de Toulon, j’ai tenté.

Les 10 premiers jours = enfer. J’ai dû ralentir comme jamais: d’hab je suis à ~5:45/km en EF, là j’étais à 6:50-7:10/km pour garder la bouche fermée sans paniquer. FC moyenne passée de 158 à 145 sur 50 min, ok cool, mais j’avais l’impression de me traîner et de me faire doubler par des mamies nordic walking (sans offense, je vous aime). J’ai eu aussi le nez qui pique/pleure au début, spray eau de mer avant de partir = ça a aidé.

Les “+” après 6 semaines: plus de point de côté (avant j’en avais quasi 1 sur 3 sorties), je finis mes footings moins explosée, sommeil meilleur la nuit après (bcp moins de réveils, coïncidence ?). Et sur terrain plat le long des plages du Mourillon, je commence à remonter à 6:10-6:20 en tout nasal sans que ça crame.

Les galères: dès que ça monte (chemin des crêtes vers le Faron) ou si je veux faire des lignes droites un peu rapides, je pars en panique, bouche s’ouvre direct sinon j’étouffe. Avec mon club le mardi (séance type 6x800), impossible de rester en nasal, j’explose au 2e. Du coup je me sens entre deux chaises: soit je reste full nasal et je progresse en zenitude mais je perds en vitesse, soit j’ouvre la bouche et j’ai l’impression de “casser” la progression nasale.

Mes data si ça aide: femme 33 ans, 1m68, 60 kg, 3-4 sorties/semaine, 10 km en 51:32 (course de Hyères en février), semi en 1:56 l’an dernier. FC max testée 192, au repos 49-52. Chaussures Saucony Ride 17. Je fais un peu de renfo hanches/chevilles 2x/sem (15-20 min, pas plus).

Questions: vous faites comment concrètement ? Full nasal en EF et on lâche en séances qualité ? Ou inspi nez / expir bouche sur les tempos ? Et est-ce que ça vaut le coup de continuer encore 4-6 semaines pour “débloquer” vraiment (on m’a dit l’adaptation peut être longue) ? Si vous avez des repères type cadence respiratoire (genre 3 pas inspi / 3 pas expi), je prends. Et pour les allergiques au pollen comme moi: des tips pour éviter le nez en carton au km 3 (j’ai testé Breathe Right, pas mal mais pas sexy mdr).

Merci pour vos retours, même si c’est pour me dire « arrête de te compliquer la vie et cours ». Je suis preneuse d’expé, j’ai envie de garder les bénéfices sans devenir la fille chelou qui ferme la bouche en montée et tourne rouge tomate…

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N
NBonnet

Ton retour colle à ce qu’on lit en physio. Il y a une étude (Dallam & Kies 2018, Int J Sports Physiol Perform) où des coureurs entraînés basculent en nasal-only pendant 6 mois: à intensité modérée, la VO2, la FC et le lactate restent comparables à la respiration libre, mais ils ont dû ralentir au début. Adaptation estimée 8-12 semaines pour beaucoup. Mécaniquement, le nez humidifie/filtre l’air et augmente légèrement la PCO2, ce qui peut améliorer la dissociation O2 (effet Bohr) et la perception d’effort une fois habitué.

Ce que je conseille à mes athlètes: 1) EF 100% nasale (in/out) tant que RPE ≤ 5/10. 2) Tempo/Seuil: inspi nez, expir bouche (compromis efficace). 3) Intervalles (800, 400): libre, se focaliser sur la technique plutôt que de forcer le nasal. 4) Drills de tolérance au CO2: à l’échauffement, 5-6 cycles où tu expires complètement puis tu marches/jog 10-15 pas en apnée, récup respiration calme ensuite. 5) Repères pas-respiration: en EF essaye 3-3 ou 3-4 (inspi 3 pas, expir 3-4), en tempo passe en 2-2.

Et oui, les montées font « sauter » le nasal tôt: garde-le sur les 2/3 bas de pente puis accepte d’ouvrir si RPE grimpe. L’important c’est la régularité: 2-3 EF nasales/semaine sur 6-8 semaines et tu verras la vitesse EF remonter. Pour les allergies: rinçage eau de mer isotonique avant/après, et un strip nasal améliore le débit inspiratoire (gain modeste mais réel).

R
Raphaël

Franchement deux gouttes de menthe poivrée sur le buff = turbo. Je sais c’est pas « scientifique » mais j’ai gratté 15-20s/km sur mes footings quand le nez était bouché. Et j’ouvre la bouche en côtes, basta.

E
EmmaFlora

Team nez aussi depuis janvier. Au début j’ai cru que j’avais perdu tout mon cardio, j’étais deg. Puis d’un coup vers la semaine 5 j’ai eu un « déclic », EF revenue de 6:40 à 6:05 sans forcer. J’alterne comme tu dis: footings tout nasal, séances club je respire normal sinon je me grille. Et niveau gorge/bronches c’est le jour et la nuit, plus de quintes après les sorties froides. Courage, ça vaut le coup si tu gardes la souplesse d’esprit (pas dogmatique).

C
Chloé54

Pareil en montée je panique si je garde le nez. J’ai adopté inspi nez / expir bouche et c’est nickel.

J
Jules35

Je me reconnais trop. J’ai commencé la méthode MAF (180-âge) + nasal l’an dernier après un hiver à enchaîner les angines. Départ: EF à 6:30/km, FC 150-155. J’ai tenu 10 semaines strict: 3 EF nasales (45-60’), quelques lignes droites 6-8x10s en fin de séance (respir libre sur les LD), zéro séance lactique. Semaine 7 c’est monté à 6:05-6:10/km pour la même FC. À partir de là, j’ai réintroduit 1 tempo de 20’/semaine en inspi nez / expir bouche. Résultat au bout de 4 mois: 10 km passé de 53:12 à 47:50 sans me cramer. Bonus: plus de gorge en feu.

Astuces pratiques: micropore la nuit (oui oui, scotch bouche, ça détend la respiration au quotidien), rinçage nez eau tiède + sel (neti pot) avant les sorties pollen, et rythme 3-3 en EF, 2-2 en tempo (compte sur les pas). Et accepte que les séances piste c’est pas nasales, c’est pas grave. Le corps s’adapte s’il a 80% du volume « calme ».

L
Lola42

Petit truc bête: j’ai viré l’auto-pause et je cache l’allure en EF. Strava me stressait à voir 6:50/km. Depuis que je cours au ressenti (bouche fermée tranquille), je progresse plus vite. Le mental compte de ouf.

A
Aura56

Breathe Right + spray Stérimar juste avant de partir = combo gagnant pour moi. Et si ça monte, je me fixe « 10 pas nez / 10 pas bouche », ça évite la panique. Ah et évite les chemins trop poussiéreux quand c’est sec, le nez dit stop sinon.

L
Lucas95✓ Réponse acceptée

Coach CAP. Garde la logique simple et progressive:

Semaine type (6-8 semaines): - Séance 1 EF 45-60’ full nasal (in/out), RPE 3-4, cap FC ~MAF (180-âge ≈ 147 pour toi). Ajoute 6x10s lignes droites en fin de séance, respiration libre sur ces 10s, récup 50s nasal. - Séance 2 Qualité: échauff 15’ nasal, puis TEMPO 2x10’ à allure semi-10km « contrôlée » en inspi nez / expir bouche (rythme 2-2). Retour au calme 10’ nasal. - Séance 3 EF vallonnée 60’ principalement nasal. En montée: garde le nez tant que RPE ≤5, sinon ouvre (objectif = maintenir la mécanique propre, pas t’étouffer). - Optionnel Séance 4: renfo + footing 30’ nasal très facile.

Progression: chaque semaine ajoute +5’ sur l’EF OU +5% volume, pas les deux. Quand l’allure EF baisse de ~10-15s/km à FC égale deux semaines de suite, tu peux allonger les blocs tempo (jusqu’à 3x10’). Sur piste (800/400), respire libre: qualité prime. Le « 80/20 » reste vrai: ~80% facile (idéal nasal), ~20% dur (respir au service de la perf).

Repères respiratoires: EF 3-3 ou 3-4, tempo 2-2, récup 4-4. Si tu te surprends à passer en 1-1, c’est trop intense pour rester nasal.

Allergies/pollen: rince-nez avant/après, démarre 10’ très doux pour « ouvrir » le nez, et choisis heures plus fraîches. Au bout de 6-8 semaines, la vitesse EF nasale revient quasi à ta vitesse EF d’avant, parfois mieux. Tu ne « casses » rien en ouvrant la bouche sur la qualité, au contraire tu consolides les deux filières.

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