💼 Santé masculine

Mon conjoint 33 ans, testostérone basse post-Covid/SSRI : vos retours ?

I
InèsBernard

Coucou, je pose ça ici parce que je trouve quasi rien de concret en FR et j’avoue je flippe un peu.

Mon compagnon (33 ans, plutôt sportif avant, 1m80/84 kg) traîne une grosse fatigue + libido en chute libre depuis un Covid costaud en 2023. Il a aussi été sous sertraline pdt 10 mois (anxiété), arrêté lentement début février. On a mis ça sur le dos du stress/taf, mais là ça fait long et ça l’atteint mentalement (et notre couple aussi, soyons honnêtes).

Bilan sanguin x2 (prise de sang à 8h): - Testostérone totale: 9,1 puis 8,7 nmol/L - SHBG: 34 nmol/L - Testo libre (calculée): ~160 pmol/L - LH: 2,1 UI/L / FSH: 2,3 UI/L - Prolactine: 24 ng/mL (un poil haute selon le labo) - TSH ok - Vit D: 22 ng/mL (meh) Il ronfle ++ et je l’ai déjà entendu « s’arrêter » de respirer 2-3 sec la nuit (gloups), sommeil pas réparateur, réveils sans érection matinale 6 jours/7. Humeur en dents de scie, petit bide apparu (il avait pas ça avant), récup’ nulle après une simple séance de muscu.

L’urologue qu’on a vu propose: soit attendre encore 2-3 mois après l’arrêt du SSRI + optimiser hygiène de vie; soit tenter clomifène (25 mg un jour sur deux) vu qu’on veut un bébé plutôt en 2027; soit direct gel de testostérone (il nous a parlé de Testogel). On a peur pour la fertilité avec la TRT du coup…

On a déjà bougé des trucs: -3,8 kg en 6 semaines (marche 8-10k/j, 2 séances full-body légères), coucher avant 23h, il a coupé l’alcool (quasi), vit D 2000 UI/j, oméga-3, un peu de soleil dès qu’il peut. Il a réduit le café. Résultats: 2-3 érections matinales dans la semaine (petite victoire), un peu plus d’énergie l’aprem, mais libido toujours bof et irritabilité qui revient en fin de journée.

Des gars ici ont fait clomifène/enclomifène en France? Effets secondaires réels? Vision chelou, humeur? Et niveau monitoring, vous mesuriez quoi/à quelle fréquence? Si certains ont fait la TRT en gel, ça a changé quoi concrètement (libido/énergie/humeur)? Et la fertilité ensuite?

Et pr l’apnée: y a moyen de faire un test rapidement sur Nantes (polygraphie à domicile?) sans attendre 6 mois? Je sens qu’on tient peut-être une piste.

Bref je veux juste des retours vécus. Je lis tout, même si c’est pas glamour. Merci bcp 🙏

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A
Aura

Courage Inès, vous faites déjà plein de bonnes choses. Mon mec a eu pareil (pas les mêmes chiffres mais mood/libido KO) après escitalopram. On a attendu 3 mois post-sevrage et rien… Le vrai game changer a été de traiter l’apnée: polygraphie à domicile via l’ORL (on a eu un rdv en 3 semaines parce qu’on est passés par le généraliste avec lettre + il ronflait comme un tracteur). Avec CPAP, sommeil réparé en 10 jours et franchement la libido est revenue quasi toute seule, puis testost’ remontée sur 2 mois.

Il a aussi pris clomi 25 mg eod pendant 4 mois (urologue ok car on voulait pas flinguer la fertilité). Pas d’effets bizarres chez lui, juste un peu de bouffées de chaleur la 1ère semaine. Bilan toutes les 6-8 semaines: T, LH/FSH, hématocrite, PSA (par précaution), prolactine. Vit D on l’a monté à 4000 UI pdt 8 semaines en hiver, puis 2000 d’entretien.

Pour Nantes, notre cousine a fait sa polygraphie via le CHU mais c’était plus long; en libéral, tu peux avoir un rdv ORL + prestataire du sommeil qui te prête l’appareil.

Et changer le SSRI pour bupropion a aidé aussi sur la libido (vu avec le psy). Force à vous deux 💪

A
AntoineMaxime

Dis-lui de charger lourd sur squats/soulevés, T explose après une vraie séance jambe. Et bouffe gras saturé sans culpabiliser: oeufs entiers, beurre fermier, foie (vit A), ça nourrit les hormones. Le houblon (bière) par contre c’est anti-androgène, stop net. Ajoute tongkat ali + tribulus + maca, combo de base. Et jette les plastiques/BPA (gourde inox), ça joue grave. En 1 mois il va se sentir autre, TRT pas besoin.

S
Sain-Simon

Quelques éléments factuels si ça peut aider (et en écho à @AntoineMaxime mais en nuançant un peu). Testo basse confirmée sur 2 prises du matin, OK. LH/FSH basses-normales + prolactine légèrement haute: ça peut être lié aux ISRS (sertraline) qui augmentent parfois la prolactine et tassent l’axe. Post-ISRS, on observe souvent une amélioration sur 3-6 mois (pas toujours). L’apnée du sommeil baisse aussi la T et la libido; traiter l’OSA remonte la T chez pas mal de patients.

Clomifène: pas mal de séries et petites études chez l’homme hypogonadique non hypergonadotrope montrent une hausse de la T et amélioration de la libido avec 25 mg eod ou 25 mg/j (Katz 2012; Taylor 2018). Enclomifène idem voire plus « propre » sur l’humeur, mais dispo FR compliquée. Avantage clé: préserve la spermatogenèse (contrairement à la TRT qui l’inhibe). Effets secondaires: visuels/BOF rares, bouffées de chaleur, irritabilité chez certains.

TRT (gel/injections): efficace sur énergie/libido chez hypogonades (cf. Testosterone Trials, NEJM 2016, Snyder et al.), mais surveiller hématocrite, PSA, estradiol. Et oui, fertilité: souvent mise à mal pdt le traitement (on peut la soutenir avec hCG mais c’est un autre protocole).

Lifestyle: perte de 10% du poids corporel peut augmenter la T totale de ~2-3 nmol/L en moyenne (données sur perte pondérale/rythme circadien). Le "boost" aigu post-squat existe mais c’est transitoire et pas cliniquement pertinent sur le long terme. Vit D: les RCTs sont mitigés (souvent pas d’effet majeur sur la T si carence modérée), mais corriger une vraie carence reste utile de toute façon.

Compte tenu de votre projet bébé, la séquence qui a le plus de sens (personnellement) c’est: dépistage/trt de l’apnée (polygraphie/PSG si possible) + attendre 8-12 semaines post-sevrage ISRS + hygiène de vie (sommeil/poids/alcool 0) + si T toujours basse + symptômes, essai clomifène 25 mg eod avec bilan 6-8 semaines (T, LH/FSH, prolactine, hématocrite). Si réponse insuffisante et symptômes sévères, discuter TRT + stratégie fertilité (hCG) avec un andrologue.

Petit point: vérifier aussi la thyroïde fine (T3 libre) et l’iron panel si fatigue (ferritine 45 okish mais à suivre). Et dépister une hyperprolactinémie vraie (refaire prolactine au repos, sans stress, pas après sport/rapport, +/- macroprolactine). Bon courage.

L
Lisa62

Franchement on médicalise trop. Mon mec a viré sucre/gluten/alcool 30 jours + douches froides quotidiennes et soleil matin sans lunettes, libido + humeur nickel sans pilules. Les gels d’hormones c’est pansement. Essayez 3 semaines strict no sucre/écran le soir, pas de porno, sauna si possible. La nature fait le taf quand on arrête d’interférer.

M
MartinRoux✓ Réponse acceptée

Je me reconnais bcp. 34 ans à l’époque, Covid costaud + paroxétine 9 mois. Fatigue, libido HS, bide qui arrive. Mes chiffres: T totale 7,5 nmol/L, LH/FSH basses-normal, prolactine limite haute. On a suspecté apnée (ma copine disait « tu t’arrêtes de respirer »). Polygraphie en ville en 2 semaines (généraliste + ORL motivé) → AHI 21 (modérée). Mise sous CPAP: en 10 jours j’avais des érections matinales quasi tous les jours. 6 semaines plus tard T à 11-12 nmol/L sans rien d’autre.

Ensuite on a switch la paro vers bupropion (psy OK). Libido a remonté, moins d’apathie. Mais j’étais encore moyen. Urologue m’a proposé clomifène 25 mg un jour sur deux. J’ai dit oui car on voulait un enfant. Effets secondaires: un peu chaud la nuit la 1re semaine, c’est tout. Pas de vision chelou chez moi. Bilan à 6 semaines: LH/FSH montés, T à 18,2 nmol/L. Humeur/énergie/libido : ++. On a maintenu 6 mois, puis on a essayé d’espacer (2x/semaine), T restée vers 15-16. Spermogrammes OK, et on a eu notre petite en 2025 😊

Attention au gel: j’ai essayé 1 mois de Testogel avant le clomi (car j’étais au fond du trou). Oui ça marche niveau ressenti, mais testicules raplapla et spermo en vrac, on a stoppé net. Si projet bébé, le clomi me paraît plus logique en 1er.

Côté pratique: vérifiez ferritine/B12/folates (moi ferritine 28 = j’étais cuit), gardez l’entrainement léger au début (2 full-body c’est bien), mon meilleur hack a été de dormir + (23h → 22h) et zéro alcool. Et traitez l’apnée: sans ça j’aurais rien gagné.

Pour Nantes, j’avais un pote passé par le 44: ORL + prestataire du sommeil, appareil de nuit à la maison, rendu en 48h. Faut pousser un peu mais c’est faisable. Force à vous, ça peut VRAIMENT s’arranger.

M
Mathilde79

Hello Inès, je compatis. Team post-Covid + sertraline ici (arrêtée l’an dernier). J’ai mis des mois à retrouver une libido « ok » et de l’énergie, donc déjà: panique pas, ça peut être loooong. Sur le bilan, +1 avec @Sain-Simon: ne regarde pas que la testo totale, check LH/FSH/SHBG/prolactine/estradiol (E2), TSH, ferritine, vit D. Schéma rapide: testo basse + LH/FSH basses/normal-basses = piste « centrale » (post-SSRI, stress, sommeil, prolactine), LH/FSH hautes = pb testiculaire. Les ISRS peuvent monter la prolactine et filer un PSSD, et parfois il faut 3–6 mois post-sevrage pour que ça remonte. Un truc souvent zappé: le sommeil. À 1m80/84 kg + post-Covid, il peut y avoir apnées légères qui flinguent la testo et la libido. Indices: ronflements, réveils nocturnes, bouche sèche le matin. Un enregistrement de sommeil ou test ORL, et si c’est ça, traitement = game changer (ça l’a été pour moi). Côté « concret »: sommeil régulier (8h, écrans off), moins de cardio qui crame, plutôt force 2–3x/sem, soleil le matin, stopper l’alcool un moment, manger assez (graisses/prots, zinc/mag), perdre 2–5 kg si possible. Les douches froides de @Lisa62 donnent un petit boost, mais c’est pas magique. Plan simple: refaire une prise de sang vers 3 mois post-arrêt ISRS + 2–3 mois d’hygiène de vie carrée. Si toujours bas et symptômes => andrologue/endocrino pour creuser (pas sauter direct sur la TRT sans comprendre le « pourquoi »). Et côté couple: zéro pression perf’, câlins/contacts sans objectif, ça détend le mental… et le reste suit souvent. Courage à vous deux ♥️

E
Eagle94

Je rejoins un peu ce que dit MartinRoux. Vécu très proche ici: 33 à l’époque, Covid costaud + sertraline ~10 mois. T totale basse sur 2 prises (autour de 8-9), LH molle, SHBG un peu haute. Franchement, le combo post-viral + ISRS plombe bcp la libido et l’énergie. Ce qui m’a aidé: laisser du temps après l’arrêt (3-6 mois mini avant de conclure), recontrôler à 8h à jeun T totale + libre/SHBG, LH/FSH, prolactine, TSH/T4, vit D. Si T basse avec LH basse/normal-basse, souvent c’est « central » (stress/inflammation) et ça peut remonter tout seul. Gros game changer pour moi: sommeil. J’ai fait un dépistage apnées (prise de poids + ronflements), et bingo. CPAP 3 mois et j’ai senti la libido revenir par paliers. J’ai aussi coupé l’alcool, remis de la force 3x/sem, un peu de soleil, gras de qualité (œufs/poissons). La sertraline m’avait anesthésié le désir, mais c’est revenu graduellement après l’arrêt. Perso je ne me précipiterais pas sur une TRT à 33 ans sans bilan béton et avis endoc. Bcp de mecs post-Covid récupèrent en 6-12 mois. Courage à vous deux, parlez-en sans pression, ça aide déjà pas mal.

T
TGirard

Je mettrais pas tout sur la testostérone, honnêtement. Une T un peu basse avec fatigue/libido en berne ça peut être juste manque de sommeil, ferritine basse, thyroïde qui rame, etc. Pensez TSH/T4, ferritine, B12, prolactine, SHBG, HbA1c. Et oui la PSSD existe (même si c’est controversé), parfois ça traîne des mois après l’arrêt. Parlez-en à un endoc + psy plutôt que d’empiler des compléments « miracles ». Et pour NRobert/CrystalVita qui demandent « quelqu’un a essayé ? » → méfiance sur les solutions magiques mdr, faites des bilans et un plan propre avant.

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